MAUREPAS

La merveille des merveilles

Et la commanderie Templière de VILLEDIEU

Les Donjons circulaires du XIIs, Tome IV

I Situation géographique :

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II Contexte géopolitique et historique :

La commune est située à 20 km environ au nord de Rambouillet, en bordure de la route nationale 10. La commune est assez boisée : une forêt domaniale, une forêt privée (le Bois-Prudhomme) et un petit bois transformé en square urbain (le Bois de Nogent).

Le nom de la commune vient du latin Mala Repasta, devenu Malrepast au début du Moyen Âge, puis finalement Maurepas à la Renaissance. Certaines sources traduisent Mala Repasta par mauvais passage, d’autres par mauvaise pâture ou encore mauvais repaire, un endroi ou on est mal reçu (type Malmaison) comme une mauvaise auberge. Endroit peu hospitalier ou l'on fait maigre chair; ce lieu viendrait de ce que les voyageurs qui passaient par là, en raison de la pénurie du lieu, trouvaient en cette châtelellenie, un pauvre logis et une pauvre table, d'ou Mal-Repast, Maurepas, Malmaison ou Malataverne. La tradition locale privilégie la dernière traduction, arguant du fait que le château a été effectivement un mauvais repaire car occupé par des brigands au XVe siècle. Cette explication repose cependant sur un anachronisme, car le nom est attesté dès le VIIIe siècle (donation de Pépin le Bref). L’hypothèse mauvais passage renvoie à d’autres toponymes lié aux voies gallo-romaines : le nom Maurepas (ou encore Le Maupas) correspond souvent à la traversée d’une zone de marécages ou à un franchissement à gué difficile (cf. le quartier de Maurepas à Rennes), ce qui est cohérent avec la géographie locale. Cette châtellenie était peu distante de celle de Chevreuse, de Neauphle le Château et aux terres du comté de Montfort.

Après le départ des romains, les périodes d’invasion se succèdent, dont celles des normands. Pour se défendre, les paysans se regroupent sur de la butte qui domine la vallée. Les terres appartiennent alors au roi de France. Pépin le Bref les donne à l’abbaye de Saint-Denis en 768. Les terres de Malrepast appartiennent alors à l'abbaye de Saint Denis. Face au danger Normand, l'abbé décide de céder la châtellenie à une famille du terroir, capable de la défendre efficacement. Cette famille prend alors le nom de la terre (Malrepast), tandis que les paysans se regroupent autour de la demeure des Malrepast et qui devient le vassal du seigneur de Chevreuse. Progressivement, l´ancienne demeure de bois est remplacée par un château de pierre, plus à même de résister aux invasions, aux pillages ou aux incendies. Vers 1060, sous le règne de Philippe 1er, le seigneur de Malrepast est le vassal du seigneur de Chevreuse, dont le suzerain est le seigneur de Choisel. Il doit donc aider le seigneur de Chevreuse à rendre justice, à faire la guerre et partir en croisade à ses côtés. Il doit participer au financement du mariage de la fille de son suzerain, à la dotation du fils qui entre en chevalerie, de la rançon en cas d’emprisonnement. En 1122, Milon de Mal-Repast est seigneur du lieu, son fils Simon est tué en 1176 par Simon de Neauphle. En 1205, Guillaume seigneur du lieu et sa femme Marie font des donnations. En 1212, le seigneur Richet de Mal-Repast et sa femme Aveline font des donnations aux templiers. En 1227, Nicolas de Manon est seigneur de Maurepas et avec sa femme Alix, ils font également des donnations aux templiers, dont "la moitié de la forêt de Maurepas".

Seigneurs connus de Maurepas: 1237, Milon II de Mal-Repast - 1254, Guyard de Montjoie - 1255, Aimotès de Maurepas - 1272, Amaury de Maurepas - 1275, Jean de Maurepas.

En 1276-1282 , changement de hiérarchie : Monsieur de Choisel fait hommage à l’évêque de Paris, et deux ans plus tard lui vend ses droits sur la châtellenie de Malrepast. Un cartulaire de l'église de Paris en fait plusieurs fois mention de ce lieu et l'appelle "château et châtelellenie de Maurepas, fief mouvant de l'évêque de Paris situé dans le Doyenné de Montfort". Ce fonctionnement de rendre hommage pendant le règne des Capétiens, puis des Valois perdure malgré une suite de famines cycliques, notamment celle déclenchée par la guerre de cent ans, où les soldats du roi Philippe VI pillent, tuent. La famille de Malrepast s’appauvrit tant qu’elle doit vendre ses terres et finit par s’enfuir. A cette époque, le Dauphin Charles cède par le décret de Calais, un tiers de la France aux anglais. En 1350, le riche Ingerger se prétend sire d’Amboise, de Chevreuse et de Malrepast est obtient 2 « arrière fiefs », Moulineuf et Villeneuve. Avec la guerre de Cent Ans, le château est abandonné et en1364 le château devient le repaire d’une troupe de brigands commandé par le seigneur brigand, Haymond de Massy, les villageois s'enfuis, les brigands rançonnent les voyageurs, terrorisent, assassinent. Cela dure de1364 à 1432 malgré la cession de la châtellenie à Pierre de Chevreuse (en 1367). C’est le Comte d’Arundel, seigneur de Maltravers qui met fin à cette situation en 1432. Il est lieutenant Angleterre et du Régent, avec une armée de 1200 archers et 400 lanciers, il est chargé de reprendre toutes les forteresses de la région de Montfort. Le 11 septembre 1432, ils prennent la Malrepast. Il semblerait que la tour aurait été coupée dans le sens de la hauteur afin qu’elle ne puisse être reconstruite, à moins que ce ne soient les paysans de retour à Malrepast qui aient eu besoin pour la reconstruction de leur propre maison. De même, aurait disparue la forteresse située au milieu des douves toujours existantes, faisant aujourd’hui parti de la ferme Belledent. Ce bastion, relié par souterrain, aurait en effet permit d’observer l’arrivée d’ennemis non visibles de la seigneurie. Mais le roi Louis XI ne peut maintenir l’ordre, la famine règne et les impôts sont très lourds.

La châtellenie de Maurepas change trois fois de propriétaires en cinquante ans : Maison de Chevreuse, duc d’Etampes, et Cardinal de Lorraine en 1577, pour un siècle, sans toutefois s’intéresser de cette terre. La baronnie de Maurepas appartient encore à la maison de Chevreuse qui la vend en 1543 au duc d’Étampes dont la femme Anne de Pisseleu est la maîtresse de François Ier. Avec la disgrâce de la duchesse, Maurepas est revendue dès 1551 au cardinal de Lorraine. Le cardinal désigne Jean du Fay, duc de Chevreuse, comme intendant. C’est lui et ses héritiers qui gèreront effectivement Maurepas pendant un peu plus d'un siècle. La misère paysanne reprend pendant la guerre de trente ans (1618 – 1648), des hommes sont enlevés, vêtus aux frais des villageois et enrôlés, les vivres sont volés, les impôts relevés. Les intempéries, déluge en 1651, sècheresses de 1662 et 1693 détruisent les récoltes amenant disette et épidémies de peste. L’église Saint-Sauveur reçoit 1659 deux cloches offertes par ses descendants Marie de Rohan, duchesse de Chevreuse, et Charles d’Albert, duc de Luynes, le favori de Louis XIII. L’une des cloches sera fondue à la Révolution. En 1621, le cardinal de Richelieu impose la destruction totale de la forteresse de la plaine, et il ne reste que les angles de l’église paroissiale, la porte ogivale, la ferme et ce que nous voyons encore aujourd’hui du donjon, réduit en hauteur, et tronqué de sa moitié. En 1691, le village est érigé en comté, et donné au Comte de Pontchartrain, Louis Phélypeaux, d’une famille blésoise anoblie au XVs. Intendant des finances, puis secrétaire d’Etat en 1690, sa carrière est couronnée par les postes de Chancelier et de Garde des Sceaux en 1691, et par le don du Comté de Maurepas. Lors de la construction du château de Versailles, un vaste chantier est lancé pour collecter toutes les eaux de la région afin d’alimenter les bassins et les fontaines. Deux rigoles sont creusées sur le plateau de Maurepas à partir de 1684 ; elles se rejoignent dans un bassin sec (l’étang des Bessières) puis un aqueduc enterré conduit l’eau vers l’étang des Noés (il passe encore sous le centre-ville actuel). Ce drainage permet d’assécher les marécages et l’agriculture peut se développer sur le plateau, le village est érigé en comté et octroyé à Louis Phélypeaux, chancelier et Garde des Sceaux de Louis XIV en 1691. Le petit fils de Phélypeaux, comte de Maurepas, sera ensuite ministre de Louis XV et de Louis XVI. Tombé en disgrâce aux yeux de Louis XV, il connaîtra un exil de 25 années, qu'il consacrera à la gestion de ses terres. Jean-Frédéric Phélypeaux devient alors Monsieur de Maurepas. Rappelé par Louis XVI, son exil prend fin et il devient président du conseil d'État. Il servira le Roi jusqu'à sa mort, en 1781.
En 1780, le Comte de Maurepas, Jean Frédéric Phélypeaux fait aménager Saint Sauveur. À la veille de la Révolution, Phélypeaux étant mort sans descendance, c´est le duc de Cossé-Brissac qui devient le nouveau seigneur de Maurepas.

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Les armes de Maurepas se blasonnent ainsi : D'azur semé de quartefeuille d'or au franc-quartier d'hermine.

Aparté sur les devoirs du seigneur envers le peuple:

Le seigneur de Malrepast a aussi des devoirs envers les vilains du lieu : il doit les protéger en temps de guerre, leur fournir du travail, et rendre justice.

Ces devoirs lui donnent des droits qui, habilement renforcés, sont une lourde charge pour le peuple. En effet, le seigneur possède les serfs corps et âmes : ils doivent verser humblement un impôt (chevage) « en guise de reconnaissance », payer le droit de se marier avec une fille étrangère au village (formariage), payer un lourd tribu pour être affranchi, l’héritage du serf mort sans descendance revient au seigneur. Le statut du serf est quasi le même que celui de l’esclave dans l’antiquité.

- Les terres appartiennent toutes au seigneur.

Autour de la demeure du Seigneur s’étend le mansus indominicatus, c’est-à-dire sa réserve personnelle contenant jardins, pièce d’eau, réserve de chasse, et les champs cultivés par les serfs et vilains. Au-delà, la terre est morcelée en manses, exploitations cultivées par les vilains (paysans) Malrepastiens qui versent une redevance au Seigneur, les censives.

- Le seigneur possède aussi des heures de travail des vilains malrepastiens.

Trois jours par semaine servent à la construction du château et de la chapelle, à l’entretien des bâtiments, des chemins, à la culture de la réserve seigneuriale. Les habitants paient donc un bon prix la protection contre un éventuel envahisseur.

III Plan des lieux :

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IV  Descriptif  du site:

1.Le château fort

1-1) Le site

Au IX ème siècle, la famille de Malrepast fait jucher sa demeure sur une motte artificielle édifiée pour accroître le champ visuel en cas d’attaque ennemie. Il s’agit d’un édifice en bois de trois étages, le sous-sol étant creusé dans la motte. Au XI ème, elle est reconstruite en pierres, plus solide en cas d’attaque ou d’incendie, au même emplacement. Les vilains charrient des tonnes de meulières des carrières environnantes, et les maçons entreprennent la construction qui durera 3 ans ! Des souterrains sont creusés pour rejoindre la maison comtale de Montfort et le château du seigneur de Neauphle distantes d’une dizaine de kilomètres. Il s’agit d’un édifice rectangulaire, inscrit dans une cercle de cent pas de diamètre, découpé de crénelages protégeant le chemin de ronde, le tout entouré d’un large fossé. Il reste aujourd’hui l’ouverture ogivale d’arcade en tiers point, pratiquée au nord de l’enceinte. Le seigneur de Malrepast a commandé un lourd pont-levis pour franchir le fossé.

Une chapelle était nécessaire à la vie de la communauté. Elle a été construite en meulières, accolée à la seconde porte intérieure de la forteresse, dans la « baille » (la basse-cour) pour le Seigneur et les villageois. Dès le XI ème siècle, elle comportait deux travées pour le chœur et trois pour la nef. Elle était décorée par des motifs géométriques peint sur l’enduit (il reste quelques traces), une colonne massive surmontée d’un chapiteau orné de motifs végétaux et de clés en tête à tête révèle l’existence d’un petit collatéral à deux travées , la voûte était en bois. La maison du chapelain est accolée à la chapelle.

Les communs qui regroupent les divers artisans (forgeron, charron et tailleur) se serrent au nord ouest, entre le puits et la mare, et le four et le pressoir, séparés de la demeure seigneuriale par un mur crénelé.

Au-delà, le donjon, masse de 20 mètres de haut et 17 de diamètre, domine les écuries seigneuriales. Il était surmonté de 4 échauguettes sur les contreforts destinée au guetteur.

L’ensemble de ce bâti assure la protection de la population de Malrepast. Construction et entretien sont donc assurés par les paysans (jours de Corvée). De plus ils doivent régler un certains nombre de redevances comme les banalités : paiement par une part des récoltes pour l’usage du pressoir et du four.

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1-2) L'enceinte basse

Une enceinte basse est visible dans le parcelaire dont on voit une amorce le long de la porte basse.

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1-3) La porte basse

Porte en arc brisé attenant à l'église est datable du XIIIs.

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1-4) La Chapelle castrale Saint Sauveur XI-XVIs

Origine de l’église de Maurepas-village : une modeste chapelle seigneuriale. En 768  Pépin le Bref fait la donation des terres de « Malrepast » à l’Abbaye d’Argenteuil. Au Vlll ème siècle, le seigneur de Malrepas (Maurepas) s’installe sur une « motte féodale » (élévation de terre artificielle servant d’assise au premier château fort en bois). Sur cette butte se met en place le système féodal, un château et une chapelle qui sont construits conjointement certainement en boispuis construite en meulières en même temps que le Donjon . Cette  construction fut édifiée dans la « baille » ou basse-cour ;Eglise au châtelain et à la communauté villageoise.

Au XI ème siècle , le château de bois est remplacé par une construction de pierre : une tour de 20 m de hauteur. Autour d’elle, en contrebas, un ensemble de petits bâtiments dont la chapelle, indépendante des autres constructions. Cette chapelle constitue le chœur roman de l’église actuelle où se trouve l’autel.

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A cette époque existe   le pilier dit « carolingien » orné de motifs végétaux.

A l’origine, ses murs sont couverts d’enduit peint de figures géométriques. l’ entrée est à l’emplacement de l’actuel vitrail de l’Annonciation. Pendant la guerre de cent ans, l’église subit   de multiples abus (pillage ; incendie….) Les villageois souffrent et meurent de faim. En 1432 ; les Anglais prennent la maison forte. Le château est démantelé, l église reste ouverte à tous les vents. Alors, les paysans se servent des pierres de la forteresse pour construire leurs masures. la voûte qui avait brulé sera recontruite. Le porche couvert est  appelé « caquetoire ». Elle est construite en pierres calcaires meulières jointoyées à chaux et à sablemarque sans doute la sortie principale de la , à l’identique du donjon cylindrique. Le tout était alors entouré d’une palissade et d’un pont-levis. L’arc devant l’église actuelle palissade et l’emplacement du pontultérieurement par une nef de trois travées. -levis.  Au 16ème siècle,on a de nombreux fidèles, d’un coté les femmes et de l’autre, les hommes. Elle sera complétée Celledéplacée vers le côté, protégée par un porche, lieu -ci, effondrée, est refaite au début du XVIème, plus cintrée et surbaissée. Le sol est garni de carreaux de terre cuite. La sortie du fond de l’église est de réunion de la communauté villageoise sous la protection de « Nostre-Dame » et « Saint-Sauveur ».

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1-5) La motte castrale

A l'angle méridionnal de ce château, une motte de plan circulaire de 30m de diamètre et haute d'environ 2m porte les restes du donjon circulaire.

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1-6) L'enceinte haute

Il reste essentiellement des murs épais de 1,20m à 1,80m suivant l'orientation, épaulés de contreforts carrés rehausés d'échaugettes.

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- Echauguettes:

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- Contreforts:

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- Poterne:

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1-7) Les logis XV-XVIs

Ancien logis seigneuriale de 35m de long sur 20m de large, converti maintenant en ferme et entouré de divers bâtiments de ferme. A ces angles et sur les côtes, de massifs contreforts quadrangulaires portaient autrefois des échauguettes (dont une est conservée); c'étaient des guérites placées sur un point élevé, ou l'on pouvait surveiller les environs. La tour carrée dans laquelle s'ouvre la porte d'entrée date de la fin du XVIs.

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1-8) Le donjon circulaire

La moitié d'un donjon circulaire (du dernier quart du XIs ou premier quart du XIIs) sur toute hauteur, qui faisait 17 mètres de diamètre à la base (en prenant les contreforts plats) et s'éleve à une hauteur d'environ 20 mètres. Ses murs sont épais de 2m, au centre s'élève un pilier rond (restes) de 3m de largeur sur 5m de haut qui supportait les planchers des 2 étages supérieurs. La salle du RdC est éclairée par 2 longues et étroites meurtrières à double ébrasement (intérieur et extérieur) caractéristique du XIs. Au premier niveau, sous une arcade plein cintre, s'ouvre une baie carrée (et l'amorce d'une seconde à l'ouest), deux portes étroites donnent accès à un double cabinet de latrines, éclairé par de petites meurtrières et un conduit d'une cheminée à l'Est implanté dans un contrefort. Au deuxième niveau, aucune ouverture de visible, juste le couronnement, des traces d'échauguettes sur les contreforts et des trous de boulin pour des hourds en bois.

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- Cheminée:

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- fenêtres:

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- Archères:

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- Latrines:

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- Pilier Plancher:

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- Chemin de ronde:

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- Echauguettes:

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1-9) Les fossés

Trace de fossés visiblent autour de la motte. De même autour de la haute cour on discerne des talus avec fossés correspondant à une defense avancée.

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1-10) Les communs

Ils datent pour la plus des XVIs et XVIIs sur base plus ancienne, époque de la reconversion du château en ferme.

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2.Elancourt, la commanderie Templière de Villedieu

2-1) Le site

Dans le "Polyptichus" d'Irminon, abbé qui établit un registre des biens de l'Abbaye de Saint-Germain des Prés au IXe siècle , nous rencontrons la première mention du nom de la commune sous la forme latino-germanique d' « Aglini Curtis » , signifiant la ferme enclose ou l'exploitation d'Aglin ou d'Agil (antrhroponyme). Le nom évoluera ensuite en Herencurtem (1144), Elencuria (1250), Ellencourt (1472), jusque la forme actuelle Élancourt en 1757.

Le village de la Villedieu Lez Maurepas est une commanderie de l'ordre du Temple, paroisse d'Elancourt, archidiaconé du pincerais, doyenné de Poissy. La Commanderie a été fondée vers 1180 par les moines-soldats de l’Ordre du Temple. Parmi d'autres dons, la commanderie reçu de Gui II, seigneur de Chevreuse, à sa mort en 1182, les droits sur la terre de La Brosse (près de Lévis-Saint-Nom), donation qui fut confirmée par Simon de Chevreuse, fils du précédent et frère de Milon IV, son ainé, qui ne régna que de 1182 à 1190. De plus, celui-ci leur laissa, en toute propriété, avant son départ pour la troisième croisade, le village de Boullay-les-Troux, le bois des Layes à Auffargis et le haras installé sur le domaine. Lors de la dissolution de l'Ordre en 1312, tous les biens de la Villedieu-Maurepas furent placées sous l'obédience de la commanderie hospitalière de Louviers-Vaumion. Les terres, la chapelle Saint-Thomas et le grand vivier qui constituait la commanderie avaient été données en 1181 par Godefroy d'Ambleville aux frères de Jérusalem. L'Ordre des Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem deviendra l’Ordre de Malte.

La coutume en vigueur sur le territoire de la commanderie était celle de Trappes, antérieure à l'an mille, qui fut règlementée en aout 1226 par Pierre d'Auteuil, abbé de Saint-Denis. Il n'est pas douteux que certains articles de ce remaniement soient en rapport avec des démêlés entre l'Abbaye et les Templiers, dont les possessions se trouvaient enclavées dans les terres Saint-Dionisiennes. Par la bulle Omne datum optimum que Saint Bernard leur avait fait accorder, les Templiers jouissaient de privilèges en rapport avec les services qu'ils rendaient ou avaient rendus en Orient. Exemptés d'impôts, de dimes, dépendants uniquement du Pape, exerçants leur propre justice, ils constituaient une entité qui était loin de plaire aux religieux de Saint-Denis et à beaucoup d'autres. La commanderie, sinon la chapelle, eut beaucoup à souffrir comme tous les environs des bandes de pillards, routiers et écorcheurs, ainsi que de l'occupation anglaise durant la Guerre de Cent ans. le domaine se trouvait dans un tel état de pauvreté à la fin des hostilités que, ne pouvant plus subvenir à ses propres besoins, il fut directement rattaché à l'hôpital Saint-Jean de Latran de Paris, dépendant du Grand Prieuré de France, en 1474. Durant les guerres de religion, le domaine fut rançonné par les troupes huguenottes en 1567 et 1568.

Nom des commandeurs connus de 1469 à 1789

Dates

Guillaume Lesbahy

1469-1506

Charles des ursins

1506-1522

Guillaume Quignon

1522-1549

François de Lorraine

1549-1550

Pierre de la Fontaine

1550-1567

Guillaume de la Fontaine d'Ognon

1567-1569

Henri d'Angoulême

1569-1577

Philibert l'Huillier

1577-1597

Bertrand Pelloquin

1597-1603

Georges de Regnier

1603-1620

Alexandre de Bourbon

1620-1630

Guillaume de Meaux

1630-1639

Amador de la Porte

1639-1645

Hugues Rabutin de Bussy............................. ... ......

1645-1647

Jacques de Souvray ou de Souvre

1647-1670

Henry de la Salle

1670-1677

Pierre de Culant, seigneur de la La Brosse

1677-1683

François Noué de Villiers

1684-1691

Jacques de Noailles

1691-1696

Alexandre César d'O

1696-1707

Francois le Maire de Parisis Fontaine

1708-1716

Adrien Claude Le Tellier

1717-1721

Joseph de Laval Montmorency de Montigny

1722-1734

Alexandre Thomas du Bois Givry

1734-1741

Joseph de Lancry Pronleroy

1741-1751

Jean Bois Roger de Rupierre

1751-1770

Louis François de Paule Le Febvre d'Ormesson

1771-1782

Jacques de Rogres de Champigneulles

1783-1789

C'est vraisemblablement vers cette époque qu'il n'y eut plus, et ce jusqu'à la Révolution française, qu'un receveur des terres (en quelque sorte un fermier) à sa tête et que la chapelle, si elle continuait d'être soigneusement entretenue, n'était plus desservie que de temps en temps par un moine de l'Ordre ou par le curé d'Élancourt, tous les jeudis, ainsi que l'atteste un acte de 1750. Il ne reste aujourd’hui des bâtiments originaux que la chapelle en pierre de meulière qui a été inscrite en 1926 à l’Inventaire supplémentaire des monuments historiques.
Les autres bâtiments ont été construits ultérieurement, au cours des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles. En 1792, la Révolution française confisque les biens français de l'Ordre de Malte et vend l'ensemble, en tant que bien national. La commanderie devient une ferme et, en 1900, sera une des plus importantes de la région avec une douzaine d'ouvriers agricoles à demeure. À partir de la fin des années 1930, à la suite d'une expropriation, le site va rester à l'abandon jusqu'en 1970, date de la création de la ville nouvelle de Saint-Quentin-en-Yvelines. L'établissement public d’aménagement (EPA) en devient propriétaire. D'importants travaux de restauration sont alors effectués de 1971 à 1978. Après avoir abrité un office d’information de l’EPA et un centre culturel à vocation polyvalente, à savoir des expositions, des séminaires, des ateliers et des logements d’artistes ainsi qu'un restaurant. Les locaux sont aujourd'hui en cours de réaménagement. Les lieux sont aujourd'hui la propriété de la Communauté d'agglomération de Saint-Quentin-en-Yvelines.

La Villedieu était une commanderie rectangulaire, telle qu'elle subsiste, malheureusement amputée d'un de ses cotés. Entourée de murs, elle était défendue par un ru. Ce fossé et les pièces d'eau qui existent encore, en partie du moins, avaient une surface de 4 hectares et demi. Ils constituaient non seulement des éléments de protection mais contribuaient largement à l'alimentation de la communauté dont la règle recommandait une faible consommation de viande.

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2-2) La Chapelle

La chapelle de la Villedieu, qui est le dernier témoin médiéval de la région, est un gracieux édifice aux proportions élégantes de 28 mètres sur 8. Sa hauteur intérieure primitive était de 11,80 mètres à la croisée des ogives. les façades sont percées de 14 fenêtres ogivales de 6 mètres sur 1,40 mètre, séparées par des contreforts montant jusqu'au toit d'ardoise. il est rare qu'une chapelle templière soit éclairée avec une telle profusion. Ces fenêtres furent bouchées par les fermiers qui ouvrirent, selon leur fantaisie, des portes et bâtirent des appentis un peu partout.Sous l'unique ouverture de la façade, on trouve un porche surmonté d'une archivolte sculptée en pointe de diamant, signature indubitable du XIIe siècle, cette arcade repose sur deux consoles peu saillantes.

À sa droite et au pignon, une tourelle octogonale, dont l'accès se retrouve à l'intérieur de la chapelle, est coiffée d'un toit conique. Son escalier à vis, éclairé par des meurtrières, conduit au sommet se terminant en lanterneau. On rencontre rarement ce genre de tourelle dans les commanderies; elles sont généralement de surface circulaire. Signalons que la construction octogonale est considérée chez les templiers comme une architecture marquant un endroit initiatique privilégié. De fait, cette tourelle étant d'un diamètre plutôt réduit, on comprend mal pourquoi son concepteur a pris la peine de lui donner cette apparence; dans nombre de chapelle comportant une telle tourelle, cette dernière est incorporée à "l'intérieur" et n'est visible qu'à partir du toit à la manière d'une cheminée. Nous savons que des frères du Temple avaient été intronisés à La Villedieu, cérémonie qui n'avait pas lieu dans toutes les commanderies, ceci expliquant peut-être cela.

Sur la façade sud de la travée la plus proche du chœur, s'ouvrait autrefois une porte secondaire qui, si l'on considère les plans habituels des commanderies, devait donner accès au logis du commandeur. À l'intérieur, l'abside est à cinq pans. Les six arcs de voute, soigneusement moulurées, reposent sur de graciles colonnettes dont les astragales supportent des chapiteaux ornés de feuilles ou de crochets. Vers la droite du chevet, sous une arcade ogivale, s'ouvre dans l'épaisseur du mur, une piscine d'église à deux cuvettes: ronde et carrée. Trois travées d'égales dimensions succèdent au chœur. Leurs arcs sont portées par des culs-de-lampe en encorbellement décorés de feuillages différents à chaque élément-feuilles d'eau, de chêne, de trèfle. Les clés de voute sont toutes sculptées et il semble qu'elles comportaient des motifs issants qui ont disparus.

Le sol a été plusieurs fois remanié; abaissé lorsque la chapelle fut transformée en grange, on y découvrit huit pierres tombales qui furent sans doute récupérées comme matériau de construction. Le sol fut relevé à son niveau initial lors de travaux de restauration; on y découvrit des fragments du dallage originel. Des restes de vitraux furent également découverts. D'une grande simplicité, ainsi qu'il convenait au cadre de la chapelle, des médaillons en provenance de Saint-Denis, ont été incorporées à l'ensemble du chœur.

Cette chapelle ne sera dédiée qu'à saint Jean-Baptiste qu'après son transfert aux hospitaliers.

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2-3) La Croix Templière

Cette croix du XIIs, gravée sur ses deux faces d'une croix templière inscrite dans un cercle, est déterrée lors de la restauration du bâtiment. Il pourrait s'agir d'un vestige d'ornement, d'une pierre tombale ou d'une borne territoriale. La croix templière marque tout ce qui appartient au Temple : hommes, maisons, champs et bétails. Elle est le signe que ces propriétés sont libres d'impositions. Parmi les autres emblèmes cruciformes de l'ordre du Temple se trouvent la croix celtique et la croix de Saint-Georges.

Lors des travaux de restauration dans les années 70, une pierre gravée sur les deux faces d'une croix templière inscrite dans un cercle, a été retrouvée. Tout comme à Westerdale ou à Arveyres, ces croix servaient très certainement de bornes territoriales. On peut voir cette borne aujourd'hui qui a été insérée dans la façade d'un bâtiment face à la chapelle avec les deux faces visibles.

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2-4) Les bâtiments conventuels

Protégé par le ru, les bâtiment conventuels faisait office de rempart contre l'extérieur. Ils datent du XVIIs sur base des XII-XIIIs.

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2-5) L'enceinte et les fossés

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3.Index et bibliographie:

- Châteaux forts et féodalité en Ile de France du XI au XIIIs: André Châtelain - 1983.

- Le patrimoine des communes des Yvelines: FLOHIC - 2000.

- Guide DESLOGIS-LACOSTE "Yvelines" 78: Michel de le Torre - 1992.

- Le guide du patrimoine "Ile de France": J-M Perouse de Montclos - 1994.

- L'Ile de France des châteaux forts: Christian Corvisier - 2004.

- Ile de France Gothique 2 "les demeures seigneuriales": Jean Mesqui - 1988.

- Histoire de Neauphle le Château et de ses environs du XIs à nos jours: Alfred Prud'homme - 1902 (red. 1990).

- Un village nommé Breval: Georgette Aucher - 1979.

- L'Ile du fort de Meulan et petite histoire des rues de Meulan: Madeleine Arnold Tétard - 1997 et 2006.

- Mantes médiévale "la collégiale au coeur de la ville": Agnès Barruol & Nicolas Faucherre - 2000.

- Histoire de Mantes et du Mantois à travers chroniques et mémoires des origines à 1792: Marcel Lachiver - 1971.

- Donjons romans des pays d'Ouest: André Châtelain - 1973.

- Châteaux forts "images de pierre des guerres médiévales": André Châtelain - 1983.

- Châteaux et enceintes de la France médiévale, de la défense à la résidence, tome I "Les organes de la défense": Jean Mesqui - 1991.

- Châteaux et enceintes de la France médiévale, de la défense à la résidence, tome II "La résidence et les éléments d'architecture": Jean Mesqui - 1993.

- Dictionnaire des châteaux et des fortifications du moyen en France: Charles-Laurent Salch - 1979 (red. 1987).

- Dictionnaire des châteaux de France "Ile de France": Yvan Christ - 1978.

- Demeures médiévales "coeur de la cité": Pierre Garrigou Grandchamps - 1999.

- Les Cisterciens: Julie Roux - 2003.

- Pour comprendre les monuments de la France: J.A. Brutails - 1997.

- L'héraldique: Claude Wensler - 1997.