ROCHEFORT en YVELINES

MAGNIFIQUE FORTERESSE sur DYKE

La région entre Montfort et Rochefort tome I

I Situation géographique :

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II Contexte géopolitique et historique :

La commune de Rochefort-en-Yvelines se trouve dans le sud-est des Yvelines, près de la limite de l'Essonne dans la massif forestier de Rambouillet. Elle est à 15 kilomètres environ à l'est de Rambouillet et à 8 kilomètres environs au nord de Dourdan. La commune fait partie du parc naturel régional de la Haute-Vallée de Chevreuse. Le village de Rochefort est situé sur la Butte de la Moque-Bouteille et est entouré par quatre rivières: la Rémarde au sud; la Rabette a l'ouest; L'Aulne au nord et la Gloriette a l'est.

L'Hibernie, « butte de la forêt » ou « abri de population », est le site d'un oppidum romain qui domine la vallée de la Robette, ancienne place forte gauloise avec son oppidum dont les restes d’enceinte encore visibles au niveau des fondations des ruines du château féodal, rappellent la période gallo-romaine. et sa grande décadence vers 406. Il est donc probable que Rochefort existait déjà à cette époque. A l’origine de la monarchie, les rois francs au VIe siècle s’attribuèrent les propriétés conquises. C’est ainsi qu’ils possédèrent la foret d’Yveline qui s’étendait entre autres sur le Parisis, l’Etampais, et le pays chartrain.
Plus tard à l’époque carolingienne, eu lieu le partage de la région en 768 par Pépin Le Bref. La foret d’Yveline fut alors partagée entre plusieurs abbayes et l’hibernie devint l’apanage du domaine royale  sous le nom de Rupes Fortis ou de Petraforti dans les textes latins postérieurs. Rochefort était à cette époque l’un des trois centres de population de la région.
Rochefort est resté dans  le domaine royal au IXe et fait partie des biens du comte Robert le fort qui le transmis à Hugues le grand puis à Thibaut-fils-étoupes le tricheur grand-père de Gui 1er seigneur de Monthlery. Malgré les fortifications édifiées par Robert le fort, les Normands détruisirent Rochefort en grande partie vers 911.
A la fin du Xe siècle, la royauté était réduite à quelques domaines. Louis VI le gros dut combattre pour dompter les seigneurs. Le comté de Rochefort était une des principales seigneuries des temps féodaux qui grâce à ses nombreux châteaux et vassaux le rendait maître des communications entre Paris et Chartres et Orléans.
Son fils Guy de Montlhéry dit le Rouge en se mariant avec Adelaide (ou Adeline) avant 1063, héritière du domaine de ROCHEFORT devint en 1095 le 1er Comte de Rochefort. Adelaide possédait probablement Rochefort et St Arnoult terres données par le roi ultérieurement. Le comté est délimité au nord par la commune de Bonnelles, au sud par ST Arnoult.
Guy le Rouge (en raison de ses cheveux), né après 1040, fils de Guy 1er et de Hodierne de Montlhery (Gometz) fut le serviteur fidèle du roi Henry 1er puis de Philippe 1er, qui l’éleva à la dignité de sénéchal. Il et devint l’un des plus riches seigneurs d’Ile de France, plus puissant que le roi lui même. Il fut Seigneur de Gometz, de la Ferté Beaudoin et de Chateaufort par son père Guy 1er. Il est établi qu’il fit construire le château de Bréthencourt.

Adelaide fonde le prieuré de Bréthencourt et meurt en 1099. Guy le Rouge se remarie avec Elisabeth de Crécy de Montdidier et devient donc en plus Seigneur de Crecy et châtelain de Gournay.

Guy le Rouge participa à la première croisade de 1096 et s’enrôla dans la « Sainte Milice ».et rentra en France en 1104 chargé de gloire et de biens. Il retrouva ses titres de sénéchal et de dapifer.

Il n’est pas complètement démontré mais probable qu’il construisit  le château-fort dont certaines ruines restent encore visibles et qui domine la vallée de la Rémarde et celle de la Rabette.   
Philippe 1er pour asseoir sa  puissance, fiança Louis le gros son fils et successeur à Luciane, la plus jeune fille de Gui, laquelle n’était pas encore nubile. Après la rupture des fiançailles par Philippe, ce qui rompit l’alliance entre Guy et la famille royale, Guy le rouge provoqua la jalousie des petits seigneurs des alentours dont les frères Garlande, qui attaquèrent le château de Montlhéry démantelé par Philippe 1er à l’exception de la tour toujours dressée. 
Auparavant Guy voulu céder son poste de sénéchal à son fils Hugues de Crécy mais ce fut en fait Anseau de Garlande qui le récupéra après que les liens d’amitié entre Guy et le roi Louis VI se rompirent.  Il mourut probablement en 1108 ou 1109.
Son fils Guy II de Rochefort lui succéda mais il n’avait pas l’aura de son père. Il s’allia avec des ennemis de Louis le gros. Il s’éteignit en 1112 après avoir faillit écraser l’armée royale à Puiset, malheureusement sans postérité.
C’est donc sa sœur Agnès qui lui succéda et gagna tous les biens incluant le comté de Rochefort et la seigneurie de St Arnoult. Elle s’était mariée avec Anseau de Garlande, ennemi des Monthlery et sénéchal de Louis VI le Gros, qui eurent une fille prénommée également Agnès (petite fille de Guy le Rouge) qui épousa Amaury III de Montfort.  Là commença le long règne des Montfort.
Les Montfort sont des normands du Vexin dont leur berceau Montfort-l’Amaury sera la capitale  de leur seigneurie. Ce qui devrait devenir un Comté, comprenait vers l’an mille 13 prévôtés sur les Yvelines.
On notera qu’une des filles de Amaury épousa Hughes de Crécy, fils de Guy le Rouge.
Le fils de Amaury III, Amaury IV régna de 1137 à 1140 et mourut célibataire après seulement 3 ans de règne.
Son frère Simon III le chauve, lui succéda en 1140 et fut seigneur de Montfort, de Rochefort et de St Arnoult. Il possédait également le Comté d’Evreux et de Leicester en Angleterre. Il fut un adversaire redoutable de la royauté et livra ses forteresses à Henri II d’Angleterre. Il maria son fils Amaury comte d’Evreux à Mabel fille de Robert de Gloucester abandonnant ainsi le Roi de France. Louis VII lui pardonna en 1167.  Il meurt en 1171 et son neveu Simon IV, le terrible capitaine de la croisade contre les Albigeois, lui succéda jusqu’en 1218.
Son fils Amaury, connétable de Saint-Louis, en 1238 il partit en terre sainte, prisonnier à Gaza, libéré au bout de 3 ans il mourut à Otrante lors de son retour en France. Son fils Jean 1er meurt après 8 ans de règne en 1249 sans descendance mâle, à Chypre où il fut vénéré comme un bienheureux.
Montfort et Rochefort échurent donc à sa fille Béatrice, épouse de Robert de Dreux, qui mourut en 1312.  Son fils et ses deux filles se partagèrent le domaine de Montfort et le comté cédé à Jeanne en 1317. Les trois enfants de Jeanne se partagèrent à nouveau le comté, Jean de Roucy et Marie héritant d’une partie du domaine où se situait Rochefort et St-Arnoult. Au XIVs, le château devint la propriété de Bureau de La Rivière, conseiller de Charles V, puis en 1596, elle échut à Hercule de Rohan, petit-fils de Catherine de Silly, qui fit reconstruire le château. La principauté de Rochefort resta la propriété des Rohan jusqu'à la révolution. La branche de Rochefort, seule subsistante, porte encore le titre de "prince de Rochefort". Le château encore reconstruit au XVIIIs fut alors démoli.

Vers 1853, la mairie s'installe dans le bâtiment du bailliage (où elle se trouve encore actuellement) qui servit autrefois de tribunal et de prison. Il fut légué à la commune en 1831 par la famille Rohan.

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Les armes de Rochefort se blasonnent ainsi : coupé, au premier d'or à la croix de gueules cantonnées de quatre alérions d'azur, au second de gueules à neuf macles d'or, à un château d'argent maçonné de sable brochant en abîme sur le tout.

III Plan des lieux :

En cours de réalisation

IV  Descriptif  du site:

1.Le château fort

1-1) Le site

Anciennement "Petra Forti" à l'époque romaine, au XIs, Guy Ier de Montlhéry, dit Guy le Rouge (premier seigneur de Rochefort et sénéchal de France), fit construire au sommet de la butte un château fort imposant. La seigneurie, dotée du titre de principauté, passa au cours des siècles entre les mains de diverses famille dont les Montfort au XIIs. Le site est abandonné après les guerres de Religion et démoli à l'époque de la Ligue. Eperon gréseux long de plus de 100m, dominant le bourg d'une trentaine de mètres, aménagé en étroite terrasse aux contours tourmentés portant les courtines de la forteresse. Le mur d'enceinte est conservé sur ses faces Est et Sud (présence d'un mur bouclier) de près de 10m de hauteur, épais d'environ 2m et possédant encore par endroit son chemin de ronde.. Au Nord, la présence d'un donjon rectangulaire "roman" est attesté par les vestiges de pierres de parement (site fouillé et abîmé au début du XIXs). Dans la courtine Est, est perçée une poterne piétonne avec assommoir, proche de celle une tour hémicylindrique pleine veille. Un mur d'enceinte au Sud sépare la Bayle de la haute cour, ce mur est percé d'une porte de liaison et d'une poterne principale vers l'Ouest donnant vers la ville (église). Ce mur épais possède son escalier pour accès au chemin de ronde, toujours existant.

Ce château fort, dont les vestiges témoignent de l'importance du pouvoir des seigneurs locaux, a probablement été l'un des plus grands du sud de la région parisienne.

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1-2) La bayle

a) L'enceinte

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b) Le mur bouclier

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c) La poterne vers la haute cour

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1-3) L'enceinte Haute

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1-4) La tour pleine

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1-5) La poterne haute

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1-6) La poterne de ville

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1-7) Le chemin de ronde

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1-8) La chapelle castrale

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1-9) Le donjon roman

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1-10) Les logis

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1-11) Le couloir des latrines

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2.Eglise fortifiée Saint Gilles

2-1) Le site

Dès sa construction, l'église sise entre le château perché sur la colline et le village au bord de la Rabette, est dédiée à saint Gilles. Primitivement constituée d'une nef unique, d'un choeur et d'un chevet, puis d'un clocher comprenant une tour carrée avec une absidiole saillante, elle est agrandie par une chapelle latérale dédiée à la Vierge, à laquelle elle doit l'adjonction du vocable de l'Assomption. La chapelle funéraire de la famille Rohan dite « chapelle des Princes », ajoutée ultérieurement, reçoit les sépultures de la famille jusqu'en 1793. Cette église est orientée nord-sud en raison de l'étroitesse de la terrasse.

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2-2) L'église

Église saint-Gilles-et-de-l'Assomption : édifice en pierre de style roman des XI et XIIs. Choeur roman appuyé de contreforts et voûté d'ogives, abside flanquée d'une tour massive carrée coiffée en bâtière, absidiole greffée sur cette tour, portail roman surmonté de 2 voussures, la « chapelle des Princes » abrite les sépultures de la famille de Rohan.

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2-3) Les fortifications

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2-4) Le clocher "donjon roman"

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2-5) Le mur terrasse à contreforts

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3.L'enceinte Urbaine

3-1) Le site

De l'enceinte urbaine, il reste essentiellement 2 tours (refaites), les vestiges d'une porte et un corps de garde proche de l'église faisant la liaison entre la ville basse et le domaine castral.

3-2) Les tours

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3-3) L'enceinte

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3-4) La porte de "Paris"

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3-5) Le corps de garde ou sergenterie

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4.Index et bibliographie: